Méditations

Commentaire de la Parole de Dieu

13 nov. 2022 – 33ème dim. Temps Ordinaire – C
Textes : Ml 3, 19-20a ; 2 Th 3, 7-12 ; Lc 21, 5-19

1. La péricope évangélique de ce dimanche aborde la question suivante : Quand viendra la fin du monde ? Aujourd’hui, Jésus prononce un discours sur la ruine de Jérusalem : « Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit » (Lc 21, 6). En annonçant la ruine du Temple, Jésus annonce la fin d’un monde. D’autres catastrophes se produiront ; n’y voyons pas le signe que la fin du monde est proche ; voyons-y simplement le rappel que tout dans ce monde a une fin et que nous devons nous préparer à notre propre fin.

2. Pour Jésus, le temps de la fin sera, pour les chrétiens, le temps du témoignage : « Mais avant tout cela, on portera la main sur vous et l’on vous persécutera ; on vous livrera aux synagogues et aux prisons, on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs, à cause de mon nom. Cela vous amènera à rendre témoignage » (Lc 21, 12-13). Pourquoi la persécution attend-elle les disciples de Jésus ? Pour leur donner l’occasion de témoigner qu’il est le Seigneur. Le Christ donnera à leur témoignage une efficacité qui prouvera sa présence et son action en eux.

3. À la fin de temps, Dieu rétablira la justice entre les justes et les pécheurs. Telle est l’essence même du message du prophète Malachie. Ce dernier met en lumière l’éternel scandale de l’homme pieux : ce sont les impies qui prospèrent le plus ici-bas ; à quoi bon, dès lors, faire effort pour suivre la loi de Dieu ? Le prophète Malachie, dont le nom signifie « messager », répond qu’au jour du Seigneur la justice sera rétablie : « Mais pour vous qui craignez mon nom, le Soleil de justice se lèvera : il apportera la guérison dans son rayonnement » (Ml 3, 20a). Pour un chrétien, ce jour est venu avec celui que l’Évangile appelle « le Soleil levant » (cf. Lc 1, 78).

4. À l’idée d’un retour imminent du Christ, certains fidèles de Thessalonique renoncèrent au travail. Saint Paul les exhorte en ces termes : « […] nous apprenons que certains d’entre vous mènent une vie déréglée, affairés sans rien faire. À ceux-là, nous adressons dans le Seigneur Jésus Christ cet ordre et cet appel : qu’ils travaillent dans le calme pour manger le pain qu’ils auront gagné » (2 Th 3, 11-12). « La paresse est mauvaise conseillère », dit le proverbe. Comme tout homme, le croyant gagnera lui-même le pain qu’il mange : tel est l’ordre que lui donne l’Apôtre. La vie chrétienne n’est pas une évasion de la vie terrestre. Si elle est recherche de Dieu, elle est aussi service des frères par un travail dont Paul n’a pas voulu se dispenser malgré le labeur apostolique qui le mettait déjà au service de tous. Par le travail, l’homme accomplit sa mission dans le monde qu’il doit humaniser pour l’offrir à Dieu.

5. Notre prière aujourd’hui est double : a) Grâce aux dons que tu as faits à l’homme, Seigneur, il est des édifices dont la beauté est à elle seule louange et prière. Garde- nous de nous arrêter seulement à l’élégance des voûtes et des tours. Mais rends-nous attentifs à ce qu’elles signifient : la présence de Jésus Christ dans ton Église, lui dont nous attendons la venue dans la gloire ; b) Dieu qui est l’origine et la fin du monde, fais vivre tes disciples dans l’espérance de ta venue. Que les épreuves qui surviennent n’ébranlent pas leur confiance, et que les persécutions subies à cause du Nom de Jésus leur soient une occasion de rendre témoignage à ton Fils. Lasne, 13 novembre 2022

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06 nov. 2022 – 32ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE – ANNÉE C
Textes : 2 M 7, 1-2. 9-14 ; 2 Th 2, 16 – 3, 5 ; Lc 20, 27-38

  1. Alors que Jésus avance vers le moment de sa passion et de sa mort à Jérusalem, les sadducéens l’interrogent sur le thème de la mort et de la résurrection. Comme tous les hommes, Jésus est confronté à la réalité inéluctable de la mort. Le contexte dans lequel se pose ladite question souligne la force de la réponse de Jésus. Car, dans peu de temps, Jésus sera confronté à sa propre mort. La réponse de Jésus n’est pas ici une simple réaction au cours d’un débat théorique, elle exprime une vision bien personnelle sur la question de la vie après la mort. C’est tout son être qui est impliqué dans la réponse qu’il propose. Suivons-le pas à pas, à travers son explication.
  2. « Les enfants de ce monde prennent femme et mari. Mais ceux qui ont été jugés dignes d’avoir part au monde à venir et à la résurrection d’entre les morts ne prennent ni femme ni mari, car ils ne peuvent plus mourir : ils sont semblables aux anges, ils sont enfants de Dieu et enfants de la résurrection »(Lc 20,34-36). Notons d’entrée de jeu que le Seigneur distingue la vie dans ce monde-ci et celle dans le monde à venir. Il n’est guère aisé, pour les hommes, de se représenter la vie dans le monde à venir. Selon Jésus, ceux qui prendront place dans le monde à venir seront « […] semblables aux anges […] » (Lc 20,36). Que savons-nous de la vie des anges ? Pas grand-chose. Difficile donc d’imaginer ce que sera la vie dans le monde à venir. Un enfant qui est dans le sein de sa mère peut-il déjà imaginer ce qu’est le monde ? Une chenille a-t-elle la moindre petite idée de sa vie future comme papillon ? Ainsi en est-il pour nous vis-à-vis du monde à venir. Il existe pourtant quelque chose de sûr et de magnifique pour ceux qui seront jugés dignes de prendre place dans ce monde à venir. Ils seront introduits dans l’intimité du Père : « […] ils sont fils de Dieu » et « héritiers de la résurrection » (Lc 20,36).
  3. Au-delà du contraste entre ces deux mondes, le Seigneur affirme aussi que l’accès au monde à venir ne survient qu’après avoir passé l’épreuve de la vie terrestre. En d’autres termes, la vie sur terre peut être considérée comme un examen qui nous habilite à accéder dans le monde à venir. Car il faut être jugé digne pour y prendre place.
  4. « Que les morts ressuscitent, Moïse lui-même le fait comprendre dans le récit du buisson ardent, quand il appelle le Seigneur : le Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob. Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Tous, en effet, vivent pour lui » (Lc 20, 37-38). Jésus affirme explicitement la résurrection des morts. Les sadducéens rejetant la résurrection des morts, qu’ils concevaient comme un retour à la vie terrestre, et ils justifiaient leur négation par les conséquences absurdes d’un tel retour. Leur erreur était de refuser à Dieu le pouvoir de faire participer ses amis à une vie nouvelle, la sienne, sur laquelle la mort n’a plus d’emprise. Sous l’ancienne Alliance Dieu a inspiré à des enfants de proclamer, par leur mort, qu’il est le seul maître de la vie (cf. 2 M 7, 1-2. 9-14). De même des martyrs chrétiens, en mourant joyeusement pour la foi, ont affirmé leur espérance en Jésus qui est la résurrection et la vie. La doctrine chrétienne de la résurrection des morts nous enseigne que l’amour de Dieu va au-delà de la mort. C’est parce que Dieu nous aime que nous continuerons à vivre en lui et avec lui. Seigneur, Dieu des vivants, par le Christ vainqueur de la mort tu nous appelles à une vie sans déclin. Fais de nous tes fils et les héritiers de la résurrection, pour que nous puissions, avec les anges, contempler à jamais ton visage de gloire. Lasne, 06 novembre 2022

1er nov. 2022 – TOUSSAINT – ANNÉE C
SOLENNITÉ DE TOUS LES SAINTS

1. Dieu est saint : Le Gloria et le Sanctus, qui font partie des principales acclamations de l’Église lors de la liturgie eucharistique, affirment très clairement que Dieu est saint : « […] Car toi seul es saint […] » et « Saint ! Saint ! Saint, le Seigneur, Dieu de l’univers ! […] ». Il est dans la nature de Dieu d’être saint. Autrement dit, la sainteté de Dieu, c’est le mystère de sa vie et de son amour infini. Les propos du Gloria, qui disent au sujet de Dieu : « […] toi seul es saint », n’ont pas pour but de décourager le croyant dans sa quête de sainteté. Car Dieu veut nous communiquer cette vie sainte et il sanctifie ceux qui cherchent à s’unir à lui. Ceux-là, l’Église les appelle des saints et nous les donne pour modèles.

2. Tous, appelés à la sainteté : Aujourd’hui, l’Église nous invite à penser à la foule anonyme et innombrable de ceux qui, dans les cieux, glorifient l’Agneau de Dieu et son Père, sans que les hommes n’aient jamais discerné combien leur union à Jésus avait été profonde sur la terre (cf. Ap. 7, 9-10). Tous les chrétiens, marqués à leur baptême du sceau du Seigneur, sont conviés à participer à la joie des élus (cf. Ap. 7, 3). Pour le dire autrement, tous les chrétiens sont appelés à la sainteté. Mais ils ne pourront se joindre à la foule de ceux qui adorent le Christ que s’ils ont accepté de passer comme lui par l’épreuve qui purifie (cf. Ap 7,13-14).

3. Le chemin vers la sainteté : Comment parvenir à la sainteté ? Les saints que nous célébrons au long de l’année n’ont pas suivi un autre chemin que les saints inconnus célébrés en ce jour ; tous ont suivi Jésus sur la route qu’il nous a tracée en proclamant les Béatitudes (cf. Mt 5, 3-12). Étrange logique que celle de la Bonne Nouvelle ! Elle annonce la joie profonde à tous ceux que l’on serait le plus porté à plaindre : les pauvres, les persécutés …, et elle promet une intimité profonde avec Dieu à ceux qui pratiquent des vertus si peu rentables : la douceur, la miséricorde … N’est-ce pas là le monde en l’envers ? Ce paradoxe n’a de sens qu’en Jésus : pour le comprendre, il faut penser et vivre autrement ; il faut se convertir. Prenons garde, il ne s’agit pas ici de l’apologie de la pauvreté imposée, des persécutions, du mépris ou de la calomnie dont on est objet à cause du Christ. Il s’agit simplement de faire passer la volonté du Christ avant la nôtre. C’est une sorte d’exorcisation de l’égoïsme humain afin d’être plus ouvert au plan de Dieu. 

4. La qualité d’enfants de Dieu : Tous les saints ont vécu en enfants de Dieu, animés par l’espérance de voir leur Père. Si Dieu a envoyé dans le monde son Fils unique, engendré de toute éternité, c’est pour faire de nous ses fils. Fils de Dieu, nous le sommes dès maintenant et nous avons à vivre comme tels. Mais cette filiation ne paraîtra dans toute sa réalité que lors de notre rencontre définitive avec le Christ. Alors avec lui et tous les saints, nous vivrons dans la joie de la grande famille de Dieu (cf. 1Jn 3, 1-3).  Lasne, 1er Novembre 2022

30 oct. 2022 – 31ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE – ANNÉE C
Textes : Sg 11, 22 – 12, 2 ; 2 Th 1, 11 – 2, 2 ; Lc 19, 1-10

  1. Ouvrons cette méditation de la parole de Dieu avec ces quelques lignes du livre de la Sagesse : « En fait, tu épargnes tous les êtres, parce qu’ils sont à toi, Maître qui aimes les vivants, toi dont le souffle impérissable les anime tous. Ceux qui tombent, tu les reprends peu à peu, tu les avertis, tu leur rappelles en quoi ils pèchent, pour qu’ils se détournent du mal et croient en toi, Seigneur ». L’auteur sacré décrit l’attitude compatissante de Dieu vis-à-vis des hommes. Il recherche constamment le bien de l’homme. Il ne fait pas de discrimination. Pour lui, tous les hommes (fidèles ou pécheurs) sont ses enfants. Il les aime tous d’un amour infini. Il les aide à avancer dans le difficile chemin de la conversion.
  2. À travers la personne et le ministère de Jésus-Christ, la sollicitude de Dieu pour les hommes est pleinement révélée. On le voit particulièrement dans la péricope évangélique de ce jour. Notons d’entrée de jeu qu’il existe dans la vie des hommes des rencontres qui nous changent radicalement. Zachée a fait une expérience qui l’a marqué à vie. Alors qu’il entend de plus en plus les gens parler de Jésus, il a l’opportunité de le rencontrer en fin. Il met toute son énergie dans son projet de voir le Seigneur (cf. Lc 19, 2-4). Son intérêt pour la personne de Jésus lui vaudra le privilège de le recevoir dans sa maison de Jéricho (cf. Lc 19,5-6).
  3. C’est Jésus qui s’invite dans la maison de Zachée. La présence de Jésus le métamorphose complètement. Il dit au Seigneur : « Voilà, Seigneur : je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens et si j’ai fait du tort à quelqu’un, je vais lui rendre quatre fois plus » (Lc 19,8). En effet, la loi juive prévoyait la restitution des biens volés. Dans le texte de Ex 21,37, on peut lire ceci : « Si quelqu’un vole un bœuf ou un agneau puis l’abat et le vend, il rendra cinq têtes de gros bétail pour le bœuf et quatre têtes de petits bétails pour l’agneau ». La loi romaine, pour sa part, imposait de payer au quadruple pour tous les furta manifesta (vols). Zachée étend cette obligation à tous les torts qu’il aurait pu causer. Il n’est pas seulement question de justice ici. Il y a plus. Il y a chez lui une réelle volonté de conversion et de réparation pour les torts causés à autrui. En fait, le péché ne brise pas seulement la relation avec Dieu mais aussi avec le prochain.
  4. Contrairement à ces langues de vipère dont les commérages et le dédain n’aident pas à la conversion (cf. Lc 19, 7), Jésus ne voit pas en Zachée, avant tout, comme un homme corrompu et un complice des occupants romains. Ce qu’il voit en premier c’est qu’il est un fils d’Abraham : « Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison, car lui aussi est un fils d’Abraham » (Lc 19,9). Gardons-nous donc de faire des jugements sévères et péremptoires sur le supposé état de péché de nos proches. Au contraire, travaillons à leur salut. Voilà l’attitude à laquelle notre Seigneur nous invite.
  5. Le regard que Jésus pose sur Zachée est celui de la tendresse et de la compassion. À l’instar de Zachée, osons prier le Seigneur avec confiance, en ces termes : Descends chez nous, Seigneur Jésus, car le péché nous tient, et nous avons besoin de ta présence pour nous libérer. Viens chercher ce qui est en train de se perdre et sauve-le à jamais. Lasne, 30 octobre 2022

23 oct. 2022 – 30ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE – ANNÉE C
Textes : Si 35, 15b-17. 20-22a ; 2 Tm 4, 6-8. 16-18 ; Lc 18, 9-14

1. Le message de la parabole du pharisien et du publicain se ramène à ceci : C’est le repentir que Dieu veut, et non les observances. Dieu ne peut justifier celui qui se croit juste car, pour recevoir la grâce, il faut en reconnaître le besoin, c’est-à-dire s’avouer pécheur. Terrible avertissement, en particulier pour tous les « honnêtes pratiquants » que nous avons conscience d’être.

2. La péricope évangélique de ce dimanche s’adresse à ceux qui se croient justes et méprisent les autres. La conclusion est très intéressante : « Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé » (Lc 18,14b). Comment comprendre cette sentence du Seigneur ? S’agirait-il de se laisser écraser par les autres pour obtenir une place dans le Royaume de Dieu ? Quel mal y a-t-il à mettre en avant ses qualités ? Ce texte stigmatise deux attitudes dangereuses pour les croyants : a) S’attribuer tout le mérite en oubliant la part de la grâce de Dieu et b) le manque de respect pour les autres.

3. L’attitude de Paul, en 2 Tm 4, 17-18, est admirable. Il fait preuve d’une grande gratitude : « Le Seigneur, lui, m’a assisté. Il m’a rempli de force pour que, par moi, la proclamation de l’Évangile s’accomplisse jusqu’au bout et que toutes les nations l’entendent. J’ai été arraché à la gueule du lion ; le Seigneur m’arrachera encore à tout ce qu’on fait pour me nuire. Il me sauvera et me fera entrer dans son Royaume céleste. À lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen. »

4. Si l’on fait bien attention, ce que nous sommes ou ce que nous avons, nous le devons, d’une manière ou d’une autre, à quelqu’un d’autre. L’attitude la plus ordinaire, ce serait celle de la gratitude. Gratitude envers ces hommes et ces femmes qui nous accompagnent et nous aident dans la réalisation de nos rêves mais surtout à l’égard de Dieu. La gratitude va de pair avec le respect. Il se trouve que ces deux qualités tendent à se perdre de nos jours. Aujourd’hui, le modèle social de la réussite c’est celui de l’homme arrogant et imbu de lui-même ; celui de l’homme qui ne doit rien à personne et qui s’attribue tous les mérites. La parole de Dieu de ce jour, nous invite à davantage d’humilité.   

5. Pour tout dire, dans la péricope évangélique de ce dimanche, Jésus met en valeur une conception de Dieu et de la religion. Selon lui, Dieu seul est saint. C’est en lui que les hommes sont rendus justes et non par leurs mérites. L’homme n’est pas un juste mais un justifié. Seigneur notre Dieu, toi qui rends justes ceux qui se reconnaissent pécheurs, prends pitié de nous. Fais-nous fuir l’orgueil ou la fausse modestie, et donne-nous la force d’imiter celui qui s’est abaissé jusqu’à la mort, Jésus-Christ, ton Fils, notre Seigneur.
Lasne, 23 octobre 2022

16 oct. 2022 – 29ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE – ANNÉE C
Textes : Ex 17, 8-13 ; 2 Tm 3, 14 – 4, 2 ; Lc 18, 1-8

1. « En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples une parabole sur la nécessité pour eux de toujours prier sans se décourager » (Lc 18,1). La péricope évangélique de ce dimanche a pour finalité d’inciter les disciples du Christ à prier sans cesse et à ne pas se décourager. En effet, il y a de quoi se décourager et se poser des questions au regard de la vie quotidienne : À quoi bon continuer de prier, si je continue de passer, dans ma famille, pour le vilain petit canard ? À quoi bon continuer de prier, si ma vie amoureuse continue d’être aussi ennuyeuse ? À quoi bon continuer de prier, si ma vie de couple est quasiment un échec ? À quoi bon continuer de prier, si ma vie professionnelle est un cataclysme ? À quoi bon continuer de prier, si l’éducation chrétienne que j’offre à mes enfants ne les aide pas à s’intégrer socialement ? À quoi bon continuer de prier, si ma vie n’est pas plus épanouie que celle des autres ? À quoi bon continuer de prier, si la personne que j’aime est gravement malade ou s’est endormie dans la mort ? Où est la justice divine dans tout cela ?

2. C’est pour répondre à ces différentes questions qui cachent un sentiment d’injustice que Jésus propose une parabole dans laquelle il met en scène un juge inique et une veuve importune. La clef de compréhension de ce texte se trouve en deux versets : « Dieu ne fera-t-il pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit ? Est-ce qu’il les fait attendre ? Je vous le déclare : sans tarder, il leur fera justice. Mais le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur terre ? » (Lc 18,7-8)

3. Soulignons quatre choses ici : a) Dieu écoute nos prières : la prière de Jésus (Mt 14,23) ou celle des chrétiens (Mt 6,5 ; Ac 2,42 ; Rm 8,27 ; Jc 1,5 ; 5,13) est fondée sur la conviction que Dieu nous écoute. Dans ce sens, la prière est un acte de foi, une action de grâce et de communion avec Dieu ; b) La prière n’est pas une action à sens unique car Dieu répond à nos supplications : « Et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Si vous me demandez quelque chose en mon nom, je le ferai » (Jn 14,13-14) ; c) La réponse de Dieu n’intervient pas forcément selon nos attentes ou suivant notre planification car le regard de Dieu porte plus loin et plus profond que le nôtre. C’est ici que la foi joue un rôle fondamental (cf. He 11,1). C’est au nom de cette foi que le Christ invite ses disciples à la patience et à la persévérance ; d) Il est important de nous porter mutuellement dans la prière, à l’image du soutien que Aaron et Hour portent à Moïse pour accomplir sa mission et sauver son peuple d’un danger extérieur (cf. Ex 17, 8-13).

4. La parabole du juge inique et de la veuve importune nous révèle ce qui suit : pour nous sauver, Dieu demande notre foi. Demandons-lui avec insistance de persévérer dans cette foi. Fais venir ton Règne, Seigneur Dieu. Quand le monde nous paraît s’éloigner de toi et la foi s’étioler, fortifie notre espérance et ranime notre ardeur à te prier. N’as-tu pas promis de faire justice à tes élus qui crient vers toi jour et nuit ?
Lasne, 16 octobre 2022

9 oct. 2022 – 28ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE – ANNÉE C
Textes : 2 R 5, 14-17 ; 2 Tm 2, 8-13 ; Lc 17, 11-19

1. La liturgie de la parole de ce dimanche souligne l’importance de l’action de grâce. La première lecture nous raconte le récit de la purification du général syrien Naaman de sa lèpre. Celui-ci obtient la guérison de sa lèpre non seulement parce qu’il se baigne dans le fleuve de la Terre sainte, mais parce qu’il obéit à l’ordre du prophète. En signe d’action de grâce, il se propose d’offrir des présents au prophète Élisée : « Il retourna chez l’homme de Dieu avec toute son escorte ; il entra, se présenta devant lui et déclara : « Désormais, je le sais : il n’y a pas d’autre Dieu, sur toute la terre, que celui d’Israël ! Je t’en prie, accepte un présent de ton serviteur » » (2 R 5, 15). Reconnaître les bienfaits de Dieu et entrer en action de grâce, voilà ce que Dieu attend de nous.

2. Par ailleurs, le texte de 2 R 5, 16 nous révèle aussi que les dons de Dieu ne sont pas monnayables : « Mais Élisée répondit : « Par la vie du Seigneur que je sers, je n’accepterai rien ». Naaman le pressa d’accepter, mais il refusa ». On ne peut acheter Dieu ; on ne peut acheter sa bénédiction.  

3. Dans la page de l’évangile, on voit dix lépreux en face de notre Seigneur. Jésus se comporte avec tant de réserve que la guérison des lépreux ne semble pas avoir été comprise par eux comme l’effet de sa puissance : un seul revient avec joie lui dire sa reconnaissance et, du même coup, manifester sa foi en lui. Jésus répond à cette foi en complétant sa guérison physique par une transformation spirituelle : « Alors Jésus prit la parole en disant : « Tous les dix n’ont-ils pas été purifiés ? Les neuf autres, où sont-ils ? Il ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger pour revenir sur ses pas et rendre gloire à Dieu ! » Jésus lui dit : « Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé » » (Lc 17, 17-19). On le voit, l’action de grâce nous ouvre à de nouveaux dons de Dieu.

4. Nous te rendons gloire, Seigneur Dieu. Tu nous as purifiés de la lèpre du péché et tu nous as donné le salut par la foi en ton Fils. Prends pitié de ceux qui souffrent de la lèpre dans leur chair, et donne à tous les hommes que tu as sauvés de vivre sans cesse dans l’action de grâce.  Lasne, 09 octobre 2022

2 oct. 2022 – 27ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE – ANNÉE C
Textes : Ha 1, 2-3 ; 2, 2-4 ; 2 Tm 1, 6-8. 13-14 ; Lc 17, 5-10

1. « En ce temps-là, les Apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi ! » » (Lc 17, 5). Il s’agit ici de la seule fois, dans la Bible, où les disciples de Jésus lui adresse une prière. Leur demande porte sur le seul don qui vienne de Dieu seul. Après trois années passées aux côtés de Jésus, les apôtres se rendent compte que la foi n’est pas une conquête, mais elle est l’accueil de la grâce divine. La prière des apôtres doit aussi être la nôtre. Demandons au Seigneur d’augmenter en nous la foi. Seigneur notre Dieu, si nous avions un peu de foi, nous soulèverions le monde ; si nous avions un peu de charité, nous embraserions les cœurs. Augmente en nous la foi et l’amour, et aussi l’espérance qui illumine déjà nos vies des splendeurs de l’éternité.

2. « De même vous aussi, quand vous aurez exécuté tout ce qui vous a été ordonné, dites : ‘Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir’ » (Lc 17, 10). Luc parle de « simples serviteurs ». Que veut dire Jésus en invitant ses disciples à se considérer comme tels ? Il leur apprend ce dont ils doivent être fiers : non pas de faire quelque chose qui serait utile à Dieu – il n’a pas besoin de nous – mais d’être des serviteurs, capables de collaborer avec lui au salut de leurs frères.

3. Fais de nous des hommes qui vivent de la foi, Seigneur Dieu. Développe ce que tu as semé en nous au jour de notre baptême pour que nous mettions toutes nos forces à te servir, sans attendre de récompense. Notre joie n’est-elle pas d’être des serviteurs de Jésus-Christ ?
Lasne, 02 octobre 2022

25 sept. 2022 – 26ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE – ANNÉE C
Textes : Am 6, 1a. 4-7 ; 1 Tm 6, 11-16 ; Lc 16, 19-31

  1. « En ce temps-là, Jésus disait aux pharisiens … » (Lc 16, 19). La parabole de Lazare et du riche s’adresse avant tout aux pharisiens, ces hommes qui constituent une élite religieuse en Palestine, à l’époque de Jésus. Elle s’adresse aujourd’hui à nous qui écoutons cette parole de Dieu. Son message principal est le suivant : regardez autour de vous et soyez attentifs aux besoins des autres.
  2. « Il y avait un homme riche, vêtu de pourpre et de lin fin, qui faisait chaque jour des festins somptueux. Devant son portail gisait un pauvre nommé Lazare, qui était couvert d’ulcères. Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche ; mais les chiens, eux, venaient lécher ses ulcères » ( Lc 16, 19-21). En regardant la société de son époque, Jésus voit les inégalités. D’une part, il y a des personnes trop riches, tandis que de l’autre, il y a celles qui sont trop pauvres. Notre société est-elle différente de celle décrite dans cette parabole ?
  3. Exceptionnellement, la parabole de ce jour donne un nom précis à un de ses personnages : Lazare (qui signifie : Dieu aide ou Dieu a secouru). Jésus veut sortir ce miséreux de l’anonymat. Aux yeux de Dieu, aucun homme n’est invisible. Toute personne que nous rencontrons est connue de Dieu, et Dieu l’aime.
  4. « Or le pauvre mourut, et les anges l’emportèrent auprès d’Abraham. Le riche mourut aussi, et on l’enterra » (Lc 16, 22). Cette parabole rappelle à notre conscience une vérité importante : riches ou pauvres, nous mourrons tous un jour. Comment préparons-nous notre demeure éternelle auprès du Père ? Jésus nous enseigne aujourd’hui le chemin de la charité. Notre société prodigue beaucoup de soins aux animaux, à la nature ; qu’en est-il des hommes et des femmes dans le besoin, ceux et celles qui n’ont aucune instruction, ceux et celles qui n’ont pas de talents à faire prévaloir ?
  5. « Alors il [le riche] cria : ‘Père Abraham, prends pitié de moi et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l’eau pour me rafraîchir la langue, car je souffre terriblement dans cette fournaise. […] Le riche répliqua : ‘Eh bien ! père, je te prie d’envoyer Lazare dans la maison de mon père. En effet, j’ai cinq frères : qu’il leur porte son témoignage, de peur qu’eux aussi ne viennent dans ce lieu de torture !’ » (Lc 16, 24. 27-28). Voici deux demandes autocentrées du riche homme de la parabole. Aide-moi, Seigneur, à comprendre qu’il n’y a pas que moi et ma famille qui comptons dans ce monde. Aide-nous à voir l’étendue de notre implication dans la misère autour de nous. Aide-nous à comprendre ce que nous pouvons faire de plus.
    Lasne, 25 septembre 2022

18 sept. 2022 – 25ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE – ANNÉE C

Textes : Am 8, 4-7 ; 1 Tm 2, 1-8 ; Lc 16, 1-13
1. La parabole de l’intendant avisé nous propose un enseignement intéressant pour la vie chrétienne. Le Seigneur ne nous donne pas pour modèle un escroc. Il nous rappelle que nous sommes les gérants des biens de Dieu et que nous devons accomplir notre mission avec une prudence et une audace dignes des fils de Dieu. Seigneur Jésus, en faisant l’éloge d’un gérant malhonnête, tu nous encourages non pas à la fraude mais à mettre au service de ton Royaume autant d’habileté que les gens en mettent à gérer les affaires. Accorde-nous d’œuvrer en cette vie de manière à être bien reçus dans l’autre, où tu nous feras partager l’amour du Père et de l’Esprit à jamais.
2. La péricope évangélique de ce dimanche aborde également la question du bon usage de l’argent. L’argent est un moyen d’acquérir tous les biens, sauf le bien suprême, le seul véritable. L’injustice suprême, c’est de préférer l’argent à Dieu, le bien suprême, et l’amour de l’argent mène à cette injustice. L’amour de Dieu, au contraire, mène au bon usage de la richesse, à une mise en commun qui exprime notre amour de nos frères et qui accroit, avec notre joie, notre communion avec eux. Seigneur Dieu, tu es notre maître et notre seule vraie richesse. Rends-nous libres à l’égard de l’argent, habiles à ton service et généreux envers les pauvres, tes amis, qui nous recevront dans les demeures éternelles.
3. L’interpellation du prophète Amos garde son actualité (cf. Am 8, 4-7). Quand le culte de l’argent prend la place de celui de Dieu et que, par conséquent, l’homme exploite l’homme, la terre devient une antichambre de l’enfer, lieu où l’on cherche Dieu sans le trouver.
4. Que de besoins graves et urgents dans le monde ! L’homme y est souvent privé de lumière et de paix. Faut-il s’agiter ou se décourager ? Non, il faut d’abord prier, afin de s’ouvrir à l’action de celui qui veut nous sauver tous et qui, en Jésus, nous a donné une source inépuisable de tout ce que nous cherchons.
Lasne, 18 septembre 2022

11 sept. 2022 – 24ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE – ANNÉE C

Textes : Ex 32, 7-11. 13-14 ; 1 Tm 1, 12-17 ; Lc 15, 1-32

1. Le salut est-il substantiellement le fruit d’actes méritoires ? C’est toute la question que la parole de Dieu de ce dimanche soulève. Les pharisiens et les scribes faisaient partie du groupe de ceux qui étaient admirés, dans la société juive du temps de Jésus, comme des modèles de foi et de vie morale. Ce statut prestigieux mettait une sorte de barrière quasiment étanche entre eux et les autres (les pécheurs). Ils eurent beaucoup de peine à comprendre l’attitude de Jésus qui restait proche des pécheurs publics : « Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux !  » » (Lc 15, 2). Nos communautés, même chrétiennes, ne fonctionnent-elles pas parfois sous le même modèle ? Bien souvent, nous estimons que ceux qui sont perdus (les pécheurs, les marginalisés, les malades, les aînés, etc.) doivent le rester. Il n’y a pas de possibilité de conversion ni de rédemption.

2. Plutôt que condamner, prenons le temps de prier en faveur des pécheurs, et aidons- les à se relever de la poussière du péché. Moïse, en Ex 32, 7-11. 13-14, se présente comme le modèle de l’intercesseur. Il sait que son peuple, coupable d’idolâtrie, n’a aucun titre à mériter la miséricorde de Dieu. Mais Dieu demeure fidèle à son dessein de salut, malgré les transgressions des hommes : « Moïse apaisa le visage du Seigneur son Dieu en disant : « Pourquoi, Seigneur, ta colère s’enflammerait-elle contre ton peuple, que tu as fait sortir du pays d’Égypte par ta grande force et ta main puissante ? Souviens-toi de tes serviteurs, Abraham, Isaac et Israël, à qui tu as juré par toi-même : ‘Je multiplierai votre descendance comme les étoiles du ciel ; je donnerai, comme je l’ai dit, tout ce pays à vos descendants, et il sera pour toujours leur héritage.’ »».

3. Écoutons aujourd’hui les paroles du Père miséricordieux comme un rappel à l’ordre : « Le père répondit : Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Il fallait festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ! » (Lc 15, 31). Se réjouir de la conversion d’un frère ou d’une sœur voilà l’attitude chrétienne. Ces étiquettes négatives que nous collons aux autres ne reflètent pas l’amour et la miséricorde de Dieu. La parabole du fils prodigue est moins celle du repentir de l’homme que celle de

la bonté de Dieu, qu’aucune infidélité ne peut décourager. Les « honnêtes gens » ne comprennent rien à ce pardon que Dieu accorde à profusion et le ressentent comme une injustice. Quand donc comprendront-ils que, par rapport à l’infinie tendresse de Dieu, ils sont toujours des prodigues ayant gaspillé les dons de leur Père ?

4. Saint Paul a conscience de la gratuité du pardon et du salut : « Bien-aimé, je suis plein de gratitude envers celui qui me donne la force, le Christ Jésus notre Seigneur, car il m’a estimé digne de confiance lorsqu’il m’a chargé du ministère, moi qui étais autrefois blasphémateur, persécuteur, violent. Mais il m’a été fait miséricorde, car j’avais agi par ignorance, n’ayant pas encore la foi ; la grâce de notre Seigneur a été encore plus abondante, avec la foi, et avec l’amour qui est dans le Christ Jésus. Voici une parole digne de foi, et qui mérite d’être accueillie sans réserve : le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs ; et moi, je suis le premier des pécheurs » (1 Tm 1, 12-15). Le fils cadet, dans la péricope évangélique de ce jour, n’est pas pardonné à cause d’un quelconque mérite. C’est gratuitement que le Père lui manifeste son amour et sa miséricorde (cf. Lc 15, 21-24).

5. Seigneur, nous avons tendance à nous identifier au fils qui, dans la parabole, est resté sérieux et fidèle à son devoir. Fais-nous découvrir qu’en face de ton amour infini nous sommes d’éternels prodigues gaspillant tes merveilles. En prenant ainsi conscience de notre péché, nous pourrons enfin participer au festin que tu nous as préparé dans l’éternité.
Lasne, 11 septembre 2022

04 sept. 2022 – 23ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE – ANNÉE C

Textes : Sg 9, 13-18 ; Phm 9b-10. 12-17 ; Lc 14, 25-33

1. Qu’est-ce qu’un chrétien ? Le chrétien peut se définir comme celui qui professe la foi en Jésus-Christ. Il puise les principes de son action dans les enseignements du Seigneur. Habité par le Saint-Esprit, dès son baptême, toute son âme est irradiée par l’amour du Père. Il jouit de la promesse du salut éternel, grâce à la croix du Christ.

2. Qu’est-ce qu’être chrétien implique réellement pour la vie de tous les jours? Trouvons la réponse dans les paroles même du Seigneur : « Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple » (Lc 14, 26). Ces propos de Jésus sont effrayants. Ils rebutent. Est-il en train de nous demander de briser égoïstement nos liens de famille ? C’est le contraire qu’il nous recommande. Pour Jésus, les relations humaines sont importantes (l’amour filial, conjugal, fraternel), mais elles doivent être animées et traversées par l’amour absolu de Dieu. Le Seigneur cherche donc à sublimer nos relations humaines, grâce à notre attachement indéfectible au Dieu d’amour.

3. Le Seigneur dit aussi : « Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher à ma suite ne peut pas être mon disciple » (Lc 14, 27). Deux choses sont à noter ici : « porter la croix » et « marcher à la suite de Jésus ». La croix est l’expression ultime de l’amour de Dieu pour les hommes. Être capable de la porter, c’est se rendre disponible à être, pour les hommes de notre temps, le signe de l’amour éternel du Père ; c’est aussi indiquer que le salut est déjà offert à tous. Il est plus question d’amour que de renoncement ici. Tout celui qui porte une croix se met à la suite de Jésus, le premier à l’avoir fait. Autrement dit, si notre vie est confrontée à diverses épreuves ou difficultés, regardons le Seigneur qui marche devant nous portant sa croix. L’aventure de la foi est onéreuse, nous prévient Jésus. Elle exige au chrétien de prendre le temps de s’asseoir pour évaluer l’investissement que cela implique (cf. Lc 14, 28-33).

4. Pour que nous soyons les disciples de ton Fils, tu exiges de nous, Seigneur, un amour sans partage et un renoncement total. Ce que nous sommes incapable de faire par nous-mêmes, que ta grâce nous donne la force : alors nous pourrons porter notre croix et marcher à la suite du Christ.
Lasne, 04 septembre 2022