« Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière. »
Ces mots nous les connaissons par coeur, car ils marquent chacune de nos entrées en Carême. Plus encore, ils nous ramènent à une réalité que notre vie quotidienne a bien trop souvent l’habitude d’oublier. A la suite de Jésus, nous sommes invités à rentrer au désert et à profiter de ces 40 jours de montée vers Pâques pour nous y préparer corps et âme. L’imposition des cendres nous vient d’une pratique pénitentielle du peuple hébreu qui se couvrait la tête de cendres. C’est à partir du XIe siècle qu’elle s’est généralisée dans l’Église.
Les cendres, un symbole de fragilité :
Le symbolisme des cendres se trouve en premier dans l’Ancien Testament. Après avoir tout perdu, Job s’écrie (Jb 30, 19) «Me voici pareil à la poussière et à la cendre», tandis que Tamar, fille de David, «répandit de la cendre sur sa tête» après avoir été violée (2S 13, 19).
Se couvrir de cendre est aussi devenu le symbole du deuil : «Ô fille de mon peuple, revêts-toi de sac et roule-toi dans la cendre ! Prends le deuil», demande Jérémie à Jérusalem (Jr 6, 26).
Enfin, c’est en se couvrant la tête de cendre que les pécheurs reconnaissent leur état et deviennent des pénitents : le roi de Ninive après la prédication de Jonas «se couvrit d’une toile à sac, et s’assit sur la cendre» (Jon 3, 6).
Aujourd’hui, les cendres déposées sur le front de chaque fidèle est un signe de la fragilité de l’homme, mais aussi de l’espérance en la miséricorde de Dieu. Elles sont une représentation du péché et la démonstration de la petitesse de l’homme. Se couvrir de cendre est une manière de demander pardon à Dieu et de faire pénitence à l’image du sacrement de réconciliation.
Les cendres, un symbole de renaissance :
Cependant les cendres sont aussi un symbole de renaissance. Tous, nous faisons l’expérience du péché. Et par l’évangile, Jésus nous apprend à vaincre le péché en remplaçant en nous le feu du mal par le feu de l’Amour. Le feu qui brûle est source de destruction mais, en même temps, il éclaire, il réchauffe, il réconforte et il guide.
La cendre, c’est ce qui reste quand le feu a détruit la matière dont il s’est emparé. Ces petites particules grises sont l’image de notre pauvreté. Elles peuvent aussi fertiliser la terre et de cette terre renaîtra une vie nouvelle. Appliquée sur notre front, la cendre nous appelle donc à brûler le mal en nous pour nous amener à renaître, à nous convertir par le chemin de l’humilité.
C’est pourquoi le prêtre dit au fidèle : « Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle ». L’évangile de ce jour, tiré de saint Matthieu – chapitre 6, versets 1 à 6 et 16 à 18 – incite les fidèles à prier et agir, non pas de manière orgueilleuse et ostentatoire, mais dans le secret de leur cœur :
Quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que te donne ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais en secret. Quand tu pries, retire-toi au fond de ta maison, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret. Quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ; ainsi ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement du Père qui est présent dans le secret.
Avec quoi fait-on les cendres ? Les cendres sont issues de l’incinération des branches bénies lors de la fête des Rameaux de l’année précédente.
Se préparer à la fête de Pâques, qui célèbre la résurrection de Jésus. Comme lui, nous sommes aussi appelés à « ressusciter » et à renouveler notre foi.
lejourduseigneur.com
L’Eglise nous propose quarante jours de conversion au cours desquels il nous est demandé de vivre, par le jeûne, une certaine ascèse.
Sophie de Villeneuve
L’ascèse représente les efforts et sacrifices que nous mettons en place pour atteindre l’objectif de notre vie sur cette terre, c’est à dire le ciel. A l’image de Jésus qui se retira au désert pendant 40 jours afin de préparer l’objectif de sa venue sur terre, enseigner et racheter les hommes. De même, nous nous préparons à témoigner du Christ dans le monde après sa résurrection.
L’ascèse n’est pas une fin en soi. Elle est un moyen d’atteindre un objectif. On ne jeûne pas pour jeûner, on ne se prive pas pour le plaisir de se priver.
Des résolutions que nous saurons tenir sur la distance.
Il faut se donner un ou deux points réalistes et réalisables qui nous permettront de parvenir à une plus grande maîtrise de nous même. Trois grands thèmes se dégagent : ma relation avec Dieu, ma relation avec les autres, ma relation avec les biens qui m’entourent.
Quelques exemples pour vous aider à prendre une bonne résolution :
prier à une intention particulière,
augmenter mon temps de prière quotidien,
consacrer mon temps libre pour servir mon prochain,
travailler sur ma relation à une personne en particulier,
me priver d’une nourriture ou d’une boisson que j’affectionne tout particulièrement,
limiter mon utilisation d’internet ou de mon Smartphone…
faire l’aumône ou se détacher d’un bien superflu.
Finalement, l’ascèse, ce n’est pas si difficile. Elle ne demande pas des efforts extraordinaires. C’est en travaillant sur les petites choses que l’on atteint les grandes.
L’ascèse bien pratiquée est source de joie. La joie d’avoir réussi cet effort de 40 jours, mais surtout cette satisfaction d’avoir réussi à transformer sa vie, d’avoir éradiquer tel défaut qui nous perturbait depuis si longtemps. L’ascèse est donc porteuse de fruits et de fruits en abondance. C’est tout ce que nous vous souhaitons.
Symbolique du nombre 40 : Pour les chrétiens, cette période rappelle les 40 jours passés par Jésus au désert. « Quarante » symbolise une génération entière qui se renouvelle et atteint la terre promise par Dieu, délestée des péchés de la génération précédente.
Le dimanche de Laetare est le quatrième dimanche du Carême. Son nom provient de l’antienne d’ouverture de la messe en latin : « Laetare, Jerusalem » (« Réjouis-toi, Jérusalem »), tirée du livre d’Isaïe (Is 66, 10-11). Ce jour marque une pause joyeuse au milieu du Carême, offrant aux fidèles un avant-goût de la joie pascale.
À cette occasion, la liturgie permet l’utilisation de vêtements liturgiques de couleur rose, symbolisant cet allègement de la pénitence. De plus, l’autel peut être orné de fleurs, et le son des instruments est admis, contrastant avec la sobriété habituelle du Carême.
Ainsi, le dimanche de Laetare invite les fidèles à se réjouir de l’approche de la Résurrection du Christ, tout en poursuivant leur cheminement spirituel vers Pâques. 
Six jours avant la fête de la Pâque juive, Jésus vient à Jérusalem.
La foule l’acclame lors de son entrée dans la ville. Elle a tapissé le sol de manteaux et de rameaux verts, formant comme un chemin royal en son honneur.
C’est en mémoire de ce jour que nous portons des rameaux (de buis, d’olivier, de laurier ou de palmier, selon les régions). Ces rameaux, une fois bénis, sont tenus en main par les fidèles qui se mettent en marche, en procession : marche vers Pâques du peuple de Dieu, à la suite du Christ.
La foule nombreuse venue pour la fête apprit que Jésus venait à Jérusalem : ils prirent les rameaux des palmiers et sortirent à sa rencontre et ils crièrent : Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !
Ces paroles sont chantées comme antienne d’ouverture. Après une brève allocution, le célébrant bénit les rameaux et on lit le récit évangélique de l’entrée messianique de Jésus à Jérusalem avant de se rendre en procession jusqu’à l’église.
La tradition chrétienne veut que l’on emporte, après la messe, les rameaux bénits, pour en orner les croix dans les maisons : geste de vénération et de confiance envers celui qui nous entraîne vers le plus grand amour.
Le Dimanche des Rameaux qui appartient encore au temps du Carême, inaugure la « Semaine Sainte », dite encore « grande semaine » ou « semaine peineuse ».
La Semaine Sainte est dite « sainte » car elle concentre la célébration des mystères de notre salut, « grande » parce qu’elle renferme en son cœur le commencement de la célébration du Triduum pascal et « peineuse » car elle nous plonge dans la bienheureuse Passion du Sauveur qui nous attire à sa suite sur le chemin de la vie nouvelle.
Mercredi Saint : Messe Chrismale
Cet office, généralement célébré entre le Lundi et le Mercredi Saint, présidé par l’évêque du diocèse, n’appartient pas au Triduum pascal mais représente un symbole fort : celui de l’unité de la communauté diocésaine autour de son évêque. C’est au cours de cette célébration que les huiles des catéchumènes et des malades sont bénites et qu’est consacré le saint Chrême.
La tradition veut que cette messe soit organisée « au plus près » de celle du jeudi saint. A Rome par exemple, la messe chrismale est célébrée le jeudi matin. Dans notre vicariat du Brabant wallon, elle est célébrée le mercredi saint, en début de soirée, afin qu’un maximum de prêtres et de fidèles puissent y participer.
C’est également au cours de cet office que les prêtres du diocèse renouvellent l’engagement pris au moment de leur ordination. Ils s’y retrouvent nombreux et concélèbrent autour de leur évêque, tous vêtus de la couleur liturgique blanche qui évoque déjà la joie et la lumière de la Résurrection.
Pendant cette liturgie, l’évêque bénit les trois huiles qui serviront à la célébration des sacrements. Il s’agit tout simplement d’huile d’olive comme en Palestine autrefois. La première huile est celle des catéchumènes, utilisée avant le baptême ou lors des différents scrutins qui le précèdent, quand l’Église prie pour l’affermissement et la persévérance des catéchumènes : elle symbolise la force et la lutte contre le mal. La deuxième huile est destinée à la célébration du sacrement des malades. Elle est à nouveau symbole de force, autant que de douceur et de consolation. L’onction permet de la faire pénétrer dans la peau, c’est une manière de dire que la grâce de Dieu vient imbiber notre personne, notre humanité et notre histoire, avec sa dimension de Salut.
La troisième huile est le Saint-Chrême qui servira pour la célébration du baptême, de la confirmation et des ordinations. Elle est certainement l’huile la plus importante des trois : avant de prononcer la prière de bénédiction, l’évêque y mêle le baume (originellement la résine du baumier, aujourd’hui il s’agit plutôt d’un mélange d’essences florales) qui la parfume de manière si caractéristique. Elle est le signe du don de l’Esprit qui fait de chaque baptisé, à la suite du Christ, un roi, un prêtre et un prophète. Selon le rituel catholique, il est d’usage que l’évêque souffle doucement sur le récipient contenant le saint chrême avant de prononcer la prière de consécration. Ce geste symbolise l’invocation de l’Esprit Saint, rappelant le souffle divin qui donne la vie. Ce rite est réservé au saint chrême et n’est pas pratiqué pour l’huile des catéchumènes ni pour l’huile des malades.
Tout le presbyterium et les fidèles sont invités à cette célébration qui manifeste l’unité de l’Église, Tête et Corps rassemblés, autour de l’évêque diocésain : une sorte de « messe du Peuple de Dieu » par excellence, où toutes ses composantes sont représentées. Elle nous rappelle à tous, fidèles autant que ministres ordonnés, notre configuration fondamentale au Christ, le Roi-Berger, souverain Prêtre, incarnation de la Parole du Père, avant de nous faire revivre avec lui les mystères de notre Salut.
Le substantif « chrême » et l’adjectif « chrismal » proviennent du mot grec khrisma qui signifie « onction » (le même mot a donné « Christ » : l’Oint du Seigneur, le Messie)
Traditionnellement, la matinée du jeudi saint était le moment de la réconciliation des pénitents publics, qui retrouvaient ainsi, après un carême de pénitence, la communion de l’Église pour pouvoir célébrer la Pâque du salut.
La célébration du soir marque l’ouverture du Triduum pascal (trois jours : du jeudi soir au vendredi soir, du vendredi soir au samedi soir, et du samedi soir au dimanche soir).
Jésus prend son dernier repas avec les douze Apôtres dans la salle dite du « Cénacle ».
Saint Paul, dans sa première lettre aux Corinthiens (1 Co 11, 23-26), nous livre le plus ancien témoignage du récit de la Cène, avant même les évangélistes Marc, Luc et Matthieu : Jésus prend le pain et le vin, rend grâce et les offre comme son Corps et son Sang pour le salut des hommes. Il s’inscrit ainsi dans la continuité du repas de la Pâque juive, évoqué par le récit de l’immolation de l’Agneau dans le livre de l’Exode, mais transforme radicalement le sens de cette Pâque : l’Agneau véritable et le seul Sauveur, c’est Lui.
C’est l’évangile de Jean que nous lisons ensuite, qui ne nous rapporte pas le récit de l’institution de l’Eucharistie mais bien celui du lavement des pieds : au cours de ce repas, Jésus va se mettre à genoux devant chacun de ses disciples et leur laver les pieds. Il prend la tenue et la posture du serviteur et dit: « C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez vous aussi comme j’ai fait pour vous. ». Au cours de cette messe célébrée avec solennité, qui commémore également l’institution du sacerdoce, on répète l’humble geste du lavement des pieds, le signe du service particulier auquel se sont engagés tous les baptisés, ministres ordonnés en tête.
Après ce repas de la Cène, son heure, l’heure de la dernière épreuve approchant, le Christ se rend au jardin des Oliviers avec les apôtres pour veiller et prier.
Le Jeudi Saint, l’Église célèbre la messe « en mémoire de la Cène du Seigneur », puis le Saint Sacrement est porté en sobre procession à travers l’église pour être déposé au « reposoir ». L’autel est ensuite dépouillé, la croix est enlevée ou voilée (si elle ne l’a pas déjà été la veille du cinquième dimanche de carême) : le Christ est entré dans sa passion, dépouillé de tout. C’est une nuit d’adoration, pendant laquelle les fidèles s’unissent à la prière du Christ, en veillant auprès du Saint Sacrement.
📅 17 avril 2025 📍Ohain : 19h 📍Chapelle : 20h pour Chapelle et Ransbeck 📍Lasne : 19h pour Lasne et Couture 📍Maransart : 20h pour Plancenoit et Maransart
Photos : Chemin de croix 2023 dans la paroisse d’Ohain photos de Araiane Franssen
Photo : rcf.fr
Trahi par son disciple Judas, le Christ est arrêté. Il est accusé de semer le désordre par ses enseignements et surtout d’usurper le titre de Messie, c’est-à-dire le Fils de Dieu, envoyé pour sauver les hommes. Renvoyé de Caïphe (le grand-prêtre juif) à Ponce Pilate (le gouverneur romain), il est insulté, soumis à une pantomime de procès, livré aux soldats pour être flagellé, puis finalement injustement condamné à être cloué sur une croix – le supplice alors réservé aux criminels.
Chargé de la croix, le Christ gravit la colline du Golgotha (littéralement « Mont du crâne », autrement appelé « Calvaire ») et tombe plusieurs fois d’épuisement. Crucifié, Il expire au bout de quelques heures. Descendu de la croix par ses proches, il est enveloppé dans le linceul (un long drap blanc dans lequel on ensevelit les défunts) et mis au tombeau, scellé par une lourde pierre.
Ce jour, comme d’ailleurs le samedi matin, l’Église ne célèbre pas l’Eucharistie : les chrétiens sont appelés au jeûne (qui consiste à se priver de nourriture suivant l’âge et les forces du fidèle), démarche de pénitence et de conversion, expression toute particulière de l’attente du Christ, l’Époux qui vient de nous être enlevé.
Chemin de Croix :
Le chemin de croix est proposé, durant l’après-midi. Très apprécié des fidèles il nous permet de mettre concrètement nos pas dans ceux du Christ qui monte vers le Calvaire. Si vous souhaitez le faire de chez vous, cliquez ici pour avoir un livret qui vous accompagnera. Entre chaque station, priez un « Notre Père », un « Je vous salue Marie » suivi d’un « Gloire soit au Père ».
Office de la Passion du Seigneur
L’office volontairement dépouillé du Vendredi Saint, intitulé « célébration de la Passion du Seigneur », consiste essentiellement en une longue liturgie de la Parole. Il commence par la prostration du célébrant qui s’étend à même le sol, au pied de l’autel, comme le Seigneur déposé en terre, dans un moment d’adoration silencieuse. Nous entendons ensuite la lecture du quatrième chant du Serviteur souffrant, comparé à l’agneau muet, conduit à l’abattoir, dans le livre d’Isaïe, le cri de confiance du psaume 30 (« en tes mains, Seigneur, je remets mon esprit »), l’extrait de la lettre aux Hébreux qui nous apprend comment nous pouvons nous avancer avec assurance vers le Trône de la grâce, puisque le Christ nous a rachetés par son obéissance sans faille – son écoute et sa confiance envers le Père – même au cœur de la souffrance, puis la Passion selon saint Jean. Après une prière universelle qui prend la forme d’une longue intercession, en dialogue entre le diacre qui propose dix intentions, l’assemblée qui prie en silence et le prêtre qui rassemble le fruit de cette prière dans une oraison, vient le deuxième temps de cette poignante célébration : l’adoration de la croix. Voilée, elle avait quitté l’église la veille : elle revient, portée en procession, puis progressivement dévoilée pour être offerte à la vénération des fidèles qui y reconnaissent l’amour du Christ, avant d’être placée bien en évidence, signe de celui qui, élevé de terre, veut attirer à lui tous les hommes. Dans le rayonnement de l’amour du Christ manifesté dans le sacrifice de la Croix, le troisième temps de la célébration permet enfin aux fidèles de communier au Corps du Christ, auquel ils se sont unis dans la prière et l’adoration au cours de la nuit précédente. A l’issue de ce troisième et dernier temps, le Saint-Sacrement est porté hors de l’église. La célébration se conclut, sans autre geste de bénédiction, par la prière que le prêtre dit, mains étendues sur le peuple.
📅 18 avril 2025 🕘 En après-midi : Chemin de Croix 📍 Ohain: 13h30 📍 Ransbeck : 15h pour Ransbeck et Chapelle 📍 Lasne : 15h pour Lasne et Couture 📍 Plancenoit : 15h pour Plancenoit et Maransart.
🕘 En soirée : Office de la Passion du Seigneur 📍 Ohain : 19h 📍Ransbeck : 19h pour Ransbeck et Chapelle 📍Lasne : 19h pour Lasne et Couture 📍Plancenoit : 20h pour Plancenoit et Maransart
(*) Pourquoi ne chante-t-on pas Alléluia avant Pâques ?
Pendant le Carême, l’Église catholique entre dans un temps de pénitence, de conversion et de silence intérieur. Dans cette atmosphère sobre et priante, le mot Alléluia, qui signifie « Louez le Seigneur », est volontairement mis de côté.
C’est un mot de joie pascale, lié à la Résurrection du Christ. L’Église choisit donc de ne plus le chanter à partir du mercredi des Cendres, pour mieux le retrouver avec éclat dans la nuit de Pâques, lorsque la lumière du Christ ressuscité brille à nouveau.
Ce silence liturgique crée un manque, un désir profond de la joie que seul Pâques peut combler. Ainsi, lorsque l’Alléluia résonne de nouveau, il prend toute sa force : celle de la victoire de la Vie sur la mort.
« Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? Il n’est pas ici, il est ressuscité. » (Luc 24)
La résurrection du Christ advient dans la nuit, puisque, très tôt le matin du troisième jour (notre dimanche) les femmes qui voulaient aller oindre son corps déposé à la hâte, après avoir respecté le repos obligatoire du sabbat, trouvent le tombeau vide : la pierre qui le scellait a été roulée sur le côté. Seuls les linges qui avaient enveloppé le corps du supplicié se trouvent encore là, bien à leur place. Le Christ apparaît tout d’abord dans le jardin, à Marie-Madeleine, qui cherche désespérément son corps dans le tombeau vide, puis, le soir, aux onze Apôtres, terrés dans le cénacle par crainte des Juifs, et enfin aux deux disciples, plus tard encore ce même jour, sur la route qui les ramenait de Jérusalem vers Emmaüs.
Cette chronologie a donné forme à notre fête de Pâques, la première en date et en importance pour tous les Chrétiens. Nous y célébrons la Résurrection du Christ, sa victoire sur la mort, et donc sur le péché, élément central de notre foi chrétienne.
Notre célébration commence de nuit, au soir du samedi saint, par la Vigile pascale. Toute cette journée du samedi est rythmée par la seule prière des Heures : sans célébrer l’Eucharistie, l’Église continue à attendre le retour de son Époux, dans la prière. Le soir venu, au moment où, selon la manière juive de voir, commence le fameux troisième jour, notre dimanche, nous nous rassemblons pour un moment solennel de veille (c’est le sens du mot « vigile »). La Pâque chrétienne, la Pâque du Christ, s’enracine dans la Pâque juive, l’épisode fondateur de la foi d’Israël. Il s’agissait alors du « passage » de tout le peuple de Dieu à travers la mer, lors de cette nuit, célèbre entre toutes, où Dieu avait lui-même veillé, repoussant les eaux et terrassant les ennemis de son peuple.
Ce passage de l’Égypte à la Terre promise, de la condition d’esclave à la condition de peuple libre est la figure du passage de la mort à la vie qui s’opère pour le Christ durant la nuit de sa résurrection, puis ensuite pour chacun d’entre nous, dans les eaux du baptême, quand nous renaissons, à la suite du Christ, à la vie éternelle en nous laissant arracher au péché et à la mort.
Notre Vigile pascale commémore tous ces événements. Elle commence par un lucernaire : nous bénissons le feu nouveau qui permettra d’allumer le cierge pascal, symbole du Ressuscité qui surgit au cour de la nuit pour nous conduire dans la vie, rappel de la colonne de feu qui guidait le peuple d’Israël au milieu des ténèbres. La lumière du Ressuscité nous est communiquée : tous allument successivement leur cierge à cette Lumière du cierge pascal et entrent, à sa suite, dans l’église, plongée dans les ténèbres. Après la louange de l’Exsultet (« Exultez de joie, multitudes des Anges.. ») qui annonce la Pâque dans un chant qui célèbre le Christ, Lumière nouvelle qui ne s’éteindra pas avant que brille le jour éternel du monde nouveau, notre vigile déploie alors, dans une clarté nouvelle, sa partie la plus consistante : une longue liturgie de la Parole. Sept lectures, qui nous rappellent les étapes majeures de l’histoire du salut progressant au long de l’Ancien Testament, sont suivies chaque fois par le chant d’un psaume qui nous en donne la saveur, puis d’une oraison qui nous en dévoile le sens. Cette splendide méditation évoque l’enseignement du Christ aux deux pèlerins d’Emmaüs (« il leur expliqua tout ce qui le concernait dans l’Écriture ») et nous amène doucement vers le point culminant de la célébration. En passant de l’Ancien au Nouveau Testament, nous entrons dans la célébration de l’Eucharistie, la grande action de grâce qui fonde le rendez-vous fondamental essentiel de tous les dimanches chrétiens.
Après avoir chanté le Gloria, nous écoutons un extrait de la lettre de saint Paul aux Romains qui nous donne le sens de la Pâque du Christ pour nous, qui sommes passés de la mort à la vie avec le Christ, puisque nous sommes désormais affranchis du péché. Nous entonnons l’Alléluia, que nous avions perdu au début du Carême : c’est le cri de la Pâque, la joie revient avec la vie(*), avant d’écouter le récit de la résurrection. Après l’homélie, la liturgie baptismale constitue le deuxième sommet de cette vigile: les catéchumènes qui se sont intensément préparés durant tout le Carême reçoivent enfin le baptême, aussitôt suivi de la confirmation. A la suite du Cierge pascal qui reprend la tête de la procession, toute l’assemblée se rend auprès des fonts au chant de la litanie des Saints : tous nos frères chrétiens sont convoqués pour accueillir ceux qui vont entrer dans la famille de Dieu.
L’eau pascale est bénite : c’est le fleuve d’eau vive, jailli du côté transpercé du Christ et que les chrétiens traversent pour renaître à la vie, nouvelle Pâque qui évoque à nouveau la Pâque ancienne. Après avoir rallumé leur cierge à la flamme du Cierge pascal, tous renouvellent leurs promesses de baptême : cette vigile pascale est la fête du baptême, tant pour les nouveaux baptisés que pour les plus anciens. Tous sont renouvelés dans leur baptême, prêts et décidés à vivre avec le Christ et à sa suite. La célébration de la liturgie eucharistique, troisième point culminant de la vigile, achève ensuite l’initiation chrétienne des nouveaux baptisés et permet à tous d’entrer dans la communion de ce nouveau Corps du Ressuscité qui est l’Église: elle retrouve, pour toujours, l’Époux dont elle avait été séparé et rompt donc, définitivement, le jeûne qui manifestait son deuil et son attente.
📅 19 avril 2025 +Sacrement de l’initiation chrétienne (baptême, communion, confirmation de catéchumènes à Lasne et à Plancenoit) 📍 Ohain : 19h 📍 Lasne : 20h pour Chapelle/Ransbeck/Lasne/Couture 📍 Plancenoit : 21h pour Plancenoit et Maransart
La messe du jour de Pâques célèbre avec faste le mystère de la résurrection et de notre renaissance. Le cierge pascal, symbole de la présence du Christ, est placé auprès de l’ambon et brillera du dimanche de Pâques à celui de la Pentecôte.
La Résurrection du Christ est l’accomplissement des promesses faites par Dieu à son peuple. C’est pourquoi la fête de Pâques est le sommet du calendrier liturgique chrétien.
Ce jour d’allégresse est marqué dans les églises par la couleur blanche ou dorée : le reflet de cette lumière resplendissante du Christ ressuscitant dans la gloire.
📅 20 avril 2025 🕘 Horaire habituel des messes dominicales, sauf pas de messe de 18h30 à Lasne.
Pâques est célébrée par une octave : c’est un jour nouveau, le jour de la nouvelle création, un jour qui n’a pas de fin, un jour qui « dure » huit jours.
Pendant huit jours, du dimanche de Pâques au dimanche de la Miséricorde, le rappel des différentes apparitions du Ressuscité est célébré solennellement, scellant pour ainsi dire les nouvelles étapes de la recréation du monde. Chaque jour, la séquence (un chant de louange propre à Pâques et à la Pentecôte, qui s’intercale entre la lecture et le chant de l’Alléluia) loue le Christ, que Marie-Madeleine retrouve auprès du tombeau vide.
Le temps pascal continue ensuite à se déployer en une octave de dimanches (huit dimanches), la « cinquantaine pascale » qui court jusqu’à la Pentecôte, « le cinquantième jour » qui marque l’aboutissement de la Pâque: la vie nouvelle et confirmée en nous par le don de l’Esprit. Tout au long de ces cinquante jours, Jésus nous apparaît et poursuit son enseignement. Il nous initie à la vie du Royaume et nous invite à le suivre à travers son Ascension (au quarantième jour) dans son retour vers le Père. Non pas que nous ayons à fuir la réalité de notre terre, mais bien à nous ancrer de plus en plus profondément dans la vie du Ressuscité, en manifestant à notre tour la gloire et l’amour du Père à qui il est resté indéfectiblement uni, par l’humble rayonnement de notre vie dans l’Esprit. Cette cinquantaine pascale est, pour les nouveaux baptisés, le temps de la mystagogie : l’apprentissage de la vie en Christ, la découverte de la vie de la foi dans les sacrements qui la font naître et se développer en nous.